André Marzuk
POÈTE DE L'HUMANITÉ
Le cri d'angoisse
Ne jamais dire jamais… Au début de sa carrière, dans les années soixante, André Marzuk, la petite vingtaine, trouve l’abstraction « vieillotte ». Il y goûtera plus tard. L’artiste niçois est alors fasciné par le Pop art, comme en témoignent ses travaux de jeunesse, qui ouvrent sa rétrospective à voir au centre international d’art contemporain de Carros jusqu’au 18 décembre. Dès l’entrée, une pièce attire à droite par sa couleur saisissante. Tout, ici, est entièrement englué dans le mauve. Hiroshima/La mort est une reconstitution de l’atelier/chambre de l’artiste, dans la coloc qu’il partageait en 1969 à Paris, rue Liancourt, avec Alain Sabatier, photographe grassois. « Peindre tout en mauve était un cri d’angoisse. Il fallait tout sacrifier, faire comme si la cendre avait tout recouvert. » Forcément, ça résonne avec nos guerres actuelles, nos catastrophes climatiques qui anéantissent tout sur leur passage. Une autre œuvre de 1971 a un écho contemporain. Ras le bol, le champignon atomique d’Hiroshima et les chaises d’apparat de nos grands dirigeants. « Après 1968, on était désemparés… On se demandait que faire après. » La pause. Trois ans sans art, à la campagne, à goûter à la vie paysanne et ouvrière. « Ça m’a régénéré », explique André Marzuk qui reviendra à l'art par l’enseignement, dans les centres sociaux. Renaissance en 1976 au bout du pinceau avec une image de fleur qui éclôt sur le site nucléaire de Mururoa. L’exposition se poursuit par une grande salle méditative qui regroupe les ciels/mers de Marzuk. Des premiers pop aux derniers bleus de Prusse, ces Inner landscapes (1967-2017) sont « comme une musique de chambre à apprécier recueillis, pour, au bout d’un moment, rentrer dans le tableau. »
Lettres recommandées
Entre 1976 et 1979, André Marzuk et son épouse, Brigitte, vivent à 100 kilomètres de distance. Ils s’écrivent, beaucoup, avec passion. De belles lettres poétiques. En 2005, l’artiste relit ces missives. Relève « les phrases de tendresse amoureuse ». Demande l’avis de l’auteure Olympia Alberti. Puis il les accompagne de détails de ses peintures, dessins et photographies. Fragments d’amour présentés dans la partie la plus ancienne du château de Carros. Comme une passerelle vers les scénographies murales de l’artiste, reprenant une série de Polylodes exécutés sur bois à la fin des années 1980 qu’il a déconstruit par fragments céramiques, recomposant un ensemble kaléidoscopique. Une longue toile recouvre tout un mur pour une œuvre inédite. Trois marcheurs marquent le pas de L’Homme qui marche de Giacometti. Buster Keaton, Jean-Paul Sartre et André Marzuk. « Le signe que ce qui nous rend humain, c’est de se lever et d’avancer pour tendre vers l’humanité. »
Les offrandes
Deux pièces sont consacrées aux portraits, esquissés entre 1999 et 2021.
« Ce sont des offrandes picturales », introduit l’artiste. Une seule craie est ici utile à décrire la psychologie du personnage.
En bleu : le compositeur Erik Satie, Monique Giresse (artiste niçoise, sa professeure), Yvon Le Men, l’ami poète, Brigitte, l’épouse. En noir et blanc, Simone Veil se dédouble. « Simone dans les camps, Simone à l’Académie. Signe qu’on ne construit rien sur la haine. »
Autour de Romain Gary, André Marzuk a agité son outil dans une tempête « le reflet de son âme tourmentée. » Comme si l’artiste avait percé à jour son humanité.
André Marzuk, L’Art, à fleur d’âme…
Si nous avions demandé à André Marzuk enfant comment il imaginait la vie qui allait se dérouler devant lui, il n’aurait probablement jamais osé rêver d’un parcours si exceptionnel. Car cet artiste, aussi discret que son talent est grand, n’a jamais cherché la célébrité ou la reconnaissance. Son œuvre, il l’a bâtie pour lui-même mais aussi pour les autres. Et l’authenticité de son être, tout comme celle de ses créations, offre aujourd’hui à l’Art et aux spectateurs ce beau supplément d’âme qui fait la différence.
Un chemin tout tracé
Passionné par le monde artistique depuis son plus jeune âge, André Marzuk fait son entrée en « prépa » à l’Ecole Municipale d’Arts Plastiques « Villa Thiole » de Nice en 1964, à ses 16 ans. Cette première année, réussie tant il est doué et bon élève, aurait pourtant pu connaître une issue beaucoup moins enjouée. Juste avant son examen de fin d’année, Marzuk se casse en effet le coude droit dans un accident de la circulation. Volontaire et déjà déterminé, il prend la décision de passer tout de même l’examen en dessinant avec sa main gauche et obtient le 1er prix de dessin ! Cet événement confirme alors le talent inné du jeune artiste et signe officiellement le début d’une carrière prometteuse. 1965, année qui lui confirme son sentiment intérieur qu’il sera peintre, marque sa réussite au concours d’entrée aux Arts Décoratifs de Nice et 1966, son entrée aux Beaux-Arts de Paris. Parallèlement à ses études et dans l’optique de financer ses projets artistiques, André Marzuk a toujours mis un point d’honneur à exercer un emploi. Garçon de salle à l’Hôpital Lariboisière puis à l’Hôtel-Dieu, vendeur dans un magasin de matériel d’arts plastiques, coursier chez un couturier Haute Couture, maître auxiliaire de dessin dans des écoles et collèges parisiens, animateur de travaux artistiques, professeur de percussions et d’ouverture aux musiques du monde dans des centres culturels et écoles de formation, autant de postes qu’il a occupés avant de décider, en 1983, par désir d’indépendance artistique, d’allier ses recherches d’artiste au métier d’artiste peintre décorateur. Cette même année, promu Lauréat du Prix des Métiers d’Art, à la suite d’un concours organisé par la ville de Nice, il se verra récompensé par la mise à disposition d’un atelier dans le Vieux-Nice, rue Pairolière, au sein duquel il restera 30 ans !
Une œuvre plurielle
Un temps influencé par le Cubisme, le Fauvisme puis le Pop Art, le Nouveau Réalisme et la Figuration narrative, c’est bel et bien de son propre style qu’André Marzuk va très vite recouvrir ses toiles et ses autres supports. Peintures, dessins, croquis, céramiques, scénographies murales, installations, photographies, livres d’artistes, courts métrages… L’œuvre de cet artiste inclassable tient sa richesse dans la pluralité qui la caractérise et qui lui confère sa complétude et son originalité. Amoureux de la vie et des splendeurs offertes par l’Univers, Marzuk observe avec passion et minutie ce qui l’entoure, tant le visible que l’invisible, et, dès lors, capturer l’essentiel devient son objectif premier. L’immensité profonde et infinie de la Nature avec ses huiles sur toile de ciels et de mers Inner landscapes et La poignante beauté des ciels ; la majestueuse et vertigineuse grandeur des Châteaux d’eau, peints en violet et considérés comme sa première série de tableaux par le côté évolutif du travail effectué ; la plongée galactique et enivrante dans les Stèles, peintures en acrylique et dorure sur bois ; l’instant suspendu dans la réponse muette, mais ô combien pleine de sens, du blanc au bleu des dessins au crayon pastel sec de Recueil de silences ; l’éloge émerveillé du végétal dans les dessins à la mine graphite sur Ingres, au fusain et à la pierre noire sur papier d’Esprit de jardin ; l’expérimentation du cadrage, véritable capteur d’émotions, de la série Portrait d’une Femme remarquable par l’utilisation de la sanguine ; la puissance picturale des jeux d’ombre et de lumière des Portraits à la pierre noire criants de réalisme ; ou encore la danse virevoltante de l’âme de la lumière rendue éclatante par les Dessins à la flamme… Autant de créations qui invitent également la diversité dans l’œuvre d’André Marzuk tant au niveau des sujets choisis que des techniques et matériaux utilisés.
Un artiste engagé et libre
« Ma peinture a toujours été un cri. Quand j’étais jeune, c’était un cri de souffrance. Maintenant c’est un cri d’espoir mais cela a toujours été un cri de l’âme ».
En 1997, ces mots de l’artiste font résonner l’essence même de son œuvre, la sensibilité de sa vie. Quelques années auparavant, en 1969, Marzuk n’a que 21 ans lorsqu’il accomplit un geste d’engagement fort qui deviendra un des moments les plus marquants de son existence et de son Art. Alors qu’à cette époque la France sort seulement des manifestations de mai 1968, le monde se trouve en pleine « guerre froide ». La menace d’un troisième conflit mondial, les fusées nucléaires soviétiques pointées sur l’Europe et les Etats-Unis, et celles de l’Amérique pointées sur l’URSS, font la une des quotidiens. Désemparé et impuissant face à ce climat anxiogène, André Marzuk se met à recouvrir entièrement de peinture monochrome gris-mauve sa chambre atelier de la rue Liancourt dans le 14ème arrondissement de Paris. Avec cette peinture engagée titrée Hiroshima / La Mort, le jeune artiste sacrifie l’ensemble de ses effets personnels, de son propre lit à son matériel de peinture en passant par ses tableaux accrochés au mur, son bureau, sa chaise, ses livres... Plongé dans le silence et figé dans la froideur, l’atelier devient ainsi le symbole angoissant du rapport à la mort.
En 1971, comme un ultime cri de désarroi, l’œuvre Ras le bol ! prend vie sous les pinceaux de Marzuk et donne à voir un multiple de trois toiles de 2 mètres montrant en noir et blanc les mains de grands patrons d’empire industriel posées sur des chaises cossues, les silhouettes noires de trois avions de chasse et l’explosion d’une bombe atomique. Ce n’est que quelques jours après que l’artiste prend un soir une bombe de peinture noire pour taguer en grand « Ras le bol ! » sur les toiles. Loin d’être libératrice, cette peinture marque la fin du premier cycle du parcours de Marzuk. Cinq longues années plus tard, après avoir découvert ce qu’il appelait la « vraie vie », celle des ouvriers d’usine et du monde agricole, il saisit le fil d’un nouveau départ et Renaître, gouache vernie sur papier montrant la pousse d’une petite plante verte sur un sol noirci par les explosions nucléaires, en est le témoin privilégié.
Hymne à la Vie et à l’Humanité
Bien plus encore qu’un merveilleux moyen d’expression, l’Art demeure pour André Marzuk un véritable moyen de partage et de transmission. Dans un de ses nombreux « Points de vue sur l’Art », il affirme avoir « tenté d’explorer quelques universaux éthiques qui fondent notre humanité : la sincérité et l’amour désintéressé dans les Polylobes, la gratitude dans la suite de L’Offrande Picturale, la tendresse avec Concerto pour 2 cœurs ». Au vu de la place prépondérante qu’ont ces 3 œuvres dans son parcours artistique, nul doute qu’il a accompli sa mission avec brio. Le 1er Polylobe, en acrylique et dorure à la feuille sur bois, inaugure ainsi, en 1984, son installation à l’atelier de la rue Pairolière à Nice et ouvre la voie à la naissance de 19 autres tableaux. Véritables petits bijoux d’« orfèvrerie picturale », les Polylobes mettent en avant la beauté du monde et reflètent son unicité, unicité que l’artiste fera voler en éclats au profit de la multiplicité en opérant un travail de déconstruction structurée en assemblant des carrés découpés de photos de Polylobes, visant ainsi à montrer que l’unité et la multiplicité sont les deux aspects d'un même principe fondamental : la loi des contraires.
Cette série de collage 42 Louanges au Regard trouvera son parfait aboutissement sur un nouveau support qu’est la céramique. Nourri par ce lien viscéral à l’univers, Marzuk s’est aussi construit grâce à des hommes et femmes qui ont marqué sa vie. L’Offrande picturale leur est dédiée. Cette série de 22 portraits réalisés chacun avec un seul pastel sec, d’une couleur qui leur est propre, occupe dans son cœur une place de choix, la place si pure du remerciement. Parmi ces portraits, figure celui de son épouse, Brigitte Delage-Marzuk. De la relation d’infinie tendresse qui existe entre eux, a fleuri tout naturellement la suite picturale Concerto pour deux cœurs où les mots d’amour pour sa « compagne de toute une vie » côtoient sur un même tableau les détails de ses peintures et dessins sur céramiques et photographies sous plexiglas. Humain et altruiste, André Marzuk a su créer son œuvre à son image et y mettre, à chaque étape, le pouvoir de l’intention qui lui est si précieux. Très sensible à la complémentarité des arts autant qu’aux interactions humaines, il a tissé, tout au long de sa vie, de solides liens d’amitié avec les artistes qui ont croisé son chemin à l’instar de Zia Mirabdolbaghi, Alain Sabatier, Olympia Alberti, Yvon Le Men et tant d’autres. Sa sincérité et son talent lui ont offert de belles rencontres comme celle avec le cinéaste Claude Chabrol qui l’a accueilli sur le tournage de son film « La Fleur du mal » et dont il a fait le portrait, et celle avec l’écrivain Aimé Césaire qui a donné lieu au livre d’artiste Cœur Ignition composé de 22 dessins à la flamme accompagnés de 22 fragments de poèmes de Césaire qui dira : « Marzuk a été au centre de ma création. Il a saisi l'essentiel de mon œuvre ».
En exposition personnelle ou collective, l’œuvre d’André Marzuk a voyagé en France - Nice, Vence, Carros, Cannes, Monaco, Cap d’Ail, Villefranche-sur-Mer, Fréjus, Paris… - mais également à l’international - Londres, Birmingham, Oxford, Tunis, New-York, Venise et même Shanghai ! Et l’artiste, qui porte un regard clair sur le chemin déjà parcouru de son art - « J’ai marché dans le noir du monde muni de la lampe-torche de mon âme sur mon front. J’en ai éclairé quelques détails : ce que j’ai peint et dessiné » - ne compte pas s’arrêter là car, aujourd’hui plus que jamais, notre monde a besoin « d’aller vers la connaissance, s’élever et s’humaniser », thématique centrale de l’une de ses plus récentes œuvres, intitulée, non sans espoir : Vers l’Humanité.
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André Marzuk : Au Cœur de l'Art Contemporain Niçois
Sa silhouette, coiffée d'un chapeau, est familière pour beaucoup dans notre quartier. Derrière cette apparence discrète se cache pourtant une carrière artistique impressionnante. Installé sur le boulevard Stalingrad, André Marzuk incarne l'esprit créatif et la profondeur artistique de la scène niçoise contemporaine.
Engagé dans une expression contemporaine, le travail artistique d'André Marzuk puise sa substance dans une connaissance vaste et profonde de la poésie, de la musique, de la philosophie et des sciences. Fasciné par les mystères de l'infiniment petit et de l'infiniment grand, il s'immerge dans les méandres de l'astrophysique et de la théorie mathématique des nombres. Pour lui, ces connaissances humaines doivent servir de fondement à l'humanité, en mettant en avant l'éthique au cœur de toute démarche artistique.
Cette réflexion, mûrie au fil de plusieurs décennies, l'a conduit à explorer les universaux éthiques qui façonnent notre humanité, à travers une poétique de l'intime, révélant les profondeurs du Soi. Ces quarante années de recherche intense ont façonné un art qui magnifie notre essence humaine.
En 2022, deux musées d'art actuel de la Côte d'Azur lui ont consacré une double rétrospective, reconnaissant ainsi son apport significatif à la scène artistique contemporaine.
Du 7 au 23 mars 2024, la Librairie-Galerie Matarasso vous convie à plonger dans l'univers de l'artiste à travers l'exposition intitulée “La puissance et la grâce” d'André Marzuk. L'inauguration se tiendra le jeudi 7 mars 2024, de 16h à 19h30.
L'exposition présente un ensemble d'œuvres récentes sur papier ainsi que deux nouveaux livres d'artiste. À travers des fragments de poèmes de Rûmi (1207-1273), Marzuk nous invite à une méditation sur des vers sublimés par un geste pictural puissant, où l'or fin 24 carats vient magnifier chaque trait.
Le dialogue entre le plein et le vide s'incarne dans le geste d'or qui se déploie sur une toile de silence, servant de support aux vers du poète, inscrits par l'artiste au crayon graphite. La transparence et l'or deviennent alors des symboles de perfection, au service de la grâce du résultat.
Deux nouveaux livres d'artiste viennent enrichir cette exposition : “Cœur vif-ardent” et “Paroles de flamme” contenant des dessins originaux et des fragments de poèmes d'Aimé Césaire et de Rûmi. Des livres en édition limitée et signés par l’artiste.
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De sa formation classique aux Arts Décos de Nice dès l’âge de seize ans puis aux Beaux-Arts de Paris, André Marzuk, n’a voulu renoncer à aucune des techniques apprises et expérimentées : dessin, peinture, céramique, photographie, vidéo, etc., auxquelles il a rajouté son amour pour la poésie et la musique. Naviguant selon les périodes entre toutes ces disciplines, il n’a cessé de poser sur le monde un regard poétique, interrogateur ou émerveillé.
Grâce au dessin dont il possède une remarquable maîtrise et un style original mariant la technique classique à un geste expressif d’effacement, il réalise à la pierre noire des portraits étonnants d’artistes (Klimt, Wyeth), de personnalités remarquables (Simone Veil, Sarah Bernhard) ainsi que des citations d’œuvres célèbres : « Jeune Fille à la perle » de Vermeer, « Madeleine pénitente » d’après Georges de la Tour, etc.
De ses peintures lumineuses où le bleu domine à ses performances sombres comme Hiroshima-La Mort où il recouvre son environnement de peinture couleur cendres, son parcours est saisissant (à découvrir sur son site).
La poésie étaie son œuvre et l’accompagne, en relation intime avec les poètes il a réalisé une somme importante de livres sensibles où il recherche la plus grande cohérence entre l’écriture et des formes plastiques originales.
À la Galerie Laure Matarasso, André Marzuk propose un ensemble d’œuvres récentes sur papier :
Une série de peintures flammées, une pratique ancienne (explorée depuis 1969), qu’il ne cesse de revisiter. Le pinceau remplacé par la flamme d’une allumette ou d’un briquet vient brûler superficiellement la feuille de papier en évitant de l’enflammer, un jeu subtil d’approche et de recul créant de fortes nuances du noir profond à une trace légère, grisée, nuageuse, donnée au papier.
Une autre série de peintures est réalisée à la feuille d’or. Sur quelques fragments de poèmes de Rûmi (1207-1273), Marzuk impose « un puissant geste pictural d’or fin 24 carats » sur des rhodoïdes, mettant en vibration les traces d’or et les transparences.
Deux précieux livres d’artistes sont présentés dans l’exposition :
Un ouvrage comprenant des dessins originaux à la flamme accompagnés de 15 fragments de poèmes d’Aimé Césaire (tiré à 7 exemplaires dans lesquels chaque “dessin à la flamme” est unique). Doré à la main à l’or fin 24 carats, ce recueil s’inspire du livre « Cœur ignition » que Marzuk réalisa en collaboration avec Aimé Césaire qui le signa en 2002 devant tous les représentants de la culture et des médias de la Martinique en disant : “Marzuk m’a lu, il m’a compris. Il a saisi l’essentiel de mon œuvre et le message est implicitement contenu dans ce livre. Il l’a senti, et profondément sentie. Il a été au centre de ma création.”
Un deuxième ouvrage reprend des fragments de poèmes de Rûmi (1207-1273) écrits par l’artiste au crayon graphite et accompagné « de gestes d’or en plénitude sur une plage de silence gris, sertissant des vers du poète ».
La Bibliothèque Louis Nucéra, à Nice, est devenue un livre d’heures richement illustré par le peintre André Marzuk au cœur d’une grande exposition consacrée à son travail.
Un panoramique nous dévoile la scénographie murale que l’artiste a conçu pour cette exposition sur les 20 mètres du mur de la bibliothèque.
Dans ses œuvres, c’est toute une enluminure de l’âme qui se fait jour. C’est que nous sommes là dans une célébration de l’humain par laquelle un artiste écrit sa vérité, la constelle sous la bonne étoile des écrivains et des poètes avec lesquels il est en connivence, dans sa façon de sertir ses créations d’éclats de leurs écrits.
André Marzuk expose à la Bibliothèque Municipale Louis Nucéra de Nice. Ce peintre mais aussi poète présente une partie de son travail, une approche très libre et humaniste de l'acte artistique.
Tour à tour poète, peintre, photographe, céramiste, dessinateur, le changement de pratiques artistiques ne fait pas peur à André Marzuk.
Tout débute avec de grands portraits monochromatiques. Et déjà là, on ressent l'approche viscérale de son art. Une viscéralité, non pas axée sur une angoisse existentielle mais sur une construction de soi qu'il veut faire partager.
Sur le grand mur central, ses splendides Polylobes tels des retables modernes où la poésie de cet oiseau volant dans chaque lobe cherche à pénétrer le cœur de la matrice – de l'âme humaine ? Et c'est sans doute là le cœur du travail d'André Marzuk.
Puis il a pris ces Polylobes en photo, les a découpés puis mélangés pour faire une sorte de puzzle en céramique, immenses et magnifiques.
Dans les vitrines, on découvre ensuite un travail formidable à la "flammes sur papier" autour de la poésie d'Aimé Césaire. Beaucoup de temps, de travail et de perfectionnement afin d'obtenir le geste parfait pour créer, avec une flamme, une trace noire, sensuelle et poétique. Rarement deux univers auront été aussi proches et, ici, liés par le feu. Césaire dira : "Vous êtes allé au cœur de ma création."
On découvre également sa série Recueil de silences autour de détails de tableaux de De La Tour. Monochromatique, ce bleu plonge le classicisme des œuvres originales dans une contemporanéité.
Plus loin, c'est un travail très précis au crayon sur des feuilles mortes qui, par cette mise en abîme, touche avec poésie l'insondabilité de notre temps.
On peut être désorienté, déconcerté par les œuvres de Marzuk très différentes dans les formes et les pratiques. Du dessin à la céramique, de la photo à la flamme. Cependant, de cette multiplicité se dégage une unité – comme pour ses Polylobes. Se lit une force poétique commune, attachée au mot, à l'évocation visuelle et à la volonté de représenter ce qu'il y a de plus profond en nous. Ainsi est-il utile d'écrire qu'André Marzuk est un artiste humaniste. On l'aura compris.
Il y a près de quarante ans qu’André Marzuk pose sur le monde un regard émerveillé, et qu’il traduit ses émerveillements par des œuvres d’une diversité aussi vaste que tous les questionnements que suscite la vie.
Aussi bien dans la présentation de Madame Claude Renaudo, déléguée à la Culture, que dans les appréciations des visiteurs, de l’émotion est passée face à une œuvre qui s’annonce comme une écologie de la pensée, et tient ses promesses. L’insertion de cette œuvre dans un "développement durable", combat des pulsions de vie contre les pulsions de mort qui peut-être agissent notre présent, étant l’objet d’un très beau Manifeste d’André Marzuk. (...)
Si André Marzuk a toujours conçu son travail comme une mise en acte de son rapport au monde, comme l’indiquent les Polylobes du début des années 80, bijoux pour une exploration de la Diversité, sceaux formels s’enracinant dans des traditions hermétiques, l’idée du jeu entre Unicité et Multiplicité était déjà là, d’où l’or semblait émerger comme un "soulèvement de l’âme", selon le terme d’Olympia Alberti… Ces Polylobes seront explosés, leur ordre se faisant encore plus intime, sorte de nano-structure fractale aimantant les fragments du miroir brisé, la déconstruction ayant été le grand thème de la contemporanéité. (...)
Tout ce parcours, qui fait borne aujourd’hui, apparaissant comme une réponse révoltée, et réparatrice, au "Guernica" d’André Marzuk de 1969 : Hiroshima-La Mort, recouvrement, jour après jour, de son lieu de vie et de travail, par un mauve-gris de cendre, performance mi-publique mi-privée comme protestation, et exorcisme sans doute, car le seul humain faisant partie de l’œuvre tout en en étant exclu, c’était lui, toujours vivant, toujours de chair, de sang, toujours chaud. "Finie l’Humanité", disait-il, mais au-moins un va poursuivre l’histoire humaine, comme les gardiens de la Littérature à la fin de "Farenheit 451", de Bradbury puis Truffaut.
Dix-huit œuvres récentes de l'artiste André Marzuk sont à découvrir à la chapelle des Pénitents Blancs. (...) Le cadre intimiste de la chapelle se prête à merveille à la célébration du beau et l'on s'arrête avec délice devant tant d'harmonie. (...) Cette exposition permet aux visiteurs de mettre leurs pas dans les empreintes de ce grand monsieur.
Marzuk est pluriel, étonnant, généreux. Et si l'œuvre d'un artiste nous révèle son portrait intérieur, alors André Marzuk est de ceux qui portent l'humanité à bout de fusain, pour en décrire les multiples facettes.
Volonté de dire les images à travers les mots, de faire parler les couleurs, d’arracher des larmes, de troubler. André Marzuk nous confie avoir toujours voulu interférer entre sa nourriture la peinture, son second amour la photographie, sa passion de la littérature et sa connaissance en musique "pour essayer de créer un petit moment d’émotion"… Ciel bleu, vol des mots, silence recueilli, il y a de la mort sur les murs. Il y a de la vie dans les cœurs. Il y a de l’empathie dans ce que l’on voit.
André Marzuk est aussi un brillant vidéaste. Avec les grandes possibilités que lui offre la photo numérique, il a réussi une heureuse interpénétration entre plusieurs expressions artistiques, la photo, la peinture et la musique, en interaction avec les textes littéraires ou poétiques. Ce sont de petits films de dix à vingt minutes, très différents des films de reportages.
Après vingt-quatre années de recherches tant artistiques que personnelles, André Marzuk a trouvé, au-delà des modes et des genres, sa propre écriture picturale. Il s'attache à peindre ce qui fait appel au spirituel, au sacré. Ses œuvres chantent la beauté de l'image, mais aussi l'enchantement de l'âme, la qualité de l'invisible, la complexité des cheminements intérieurs, le divin. Son œuvre est abstraite parfois (série des dessins à la flamme sur papier) mais surtout figurative, travaillée, précise, riche de couleurs splendides et d'un symbolisme puissant. Il mélange les techniques en un rendu toujours subtil (pastels, acrylique, sanguines, parfois même une pointe d'or fin), comme une offrande picturale.
L’homme de la semaine sur la Côte d’Azur s’appelle André Marzuk. Cet artiste, installé dans le Vieux-Nice, vient d’illustrer un livre publié aux Editions Robert Laffont, intitulé 100 maximes de guidance par Ostad Elahi. Ce livre de sagesse permet de découvrir, pour ceux qui ne les connaissent pas encore, les Polylobes d’André Marzuk. L’intention spirituelle de ces œuvres est évidente, aussi, si vous passez par le Vieux-Nice, n’hésitez-pas à entrer dans son atelier, vous y découvrirez un homme de cœur, ouvert et abordable, qui est aux antipodes de certains artistes dit contemporains, au verbiage fumeux et prétentieux. André Marzuk se fera un grand plaisir de vous présenter une série de 50 Portrait d’une Femme qu’il réalise depuis 2 ans. Un travail superbe, qu’un galeriste éclairé ferait bien d’exposer dans sa totalité.
Etonnant travail que celui d'André Marzuk pour son exposition Recueil de silences avec des pastels d'une technique exceptionnelle. Marzuk ouvre avec passion et ferveur un monde 'porteur d'infini' ayant pour thème central les peintures de Georges de La Tour.
André Marzuk, explorateur solitaire, révèle l'aboutissement d'une démarche picturale restée jusque là discrète.
L'œuvre d'André Marzuk ne s'écrit pas. Elle se regarde, s'observe, se découvre.(...) Une superbe exposition.
L'émotion ressentie est intacte, complète, comme lorsqu'on lève les yeux vers une cathédrale.